Tant de choses se dansent dans Une maison de Christian Rizzo

24/02/2020

SisterArt showtime@KAAI THEATRE pour voir Une maison, la nouvelle chorégraphie de Christian Rizzo pour 14 danseurs. Directeur de l'Institut chorégraphique de Montpellier, Christian Rizzo montre son talent pour la première fois à Bruxelles. Un spectacle à l'esthétique singulière et captivante. 

Photos ©Marc Domage.

Une maison, un espace

Pour l'artiste pluridisciplinaire devenu chorégraphe, Une maison est un espace de rencontres et de vides, un espace qui se peuple et se dépeuple, qui se métamorphose par les individus qui vont et viennent. C'est "une" maison et comme beaucoup de maisons anonymes, elle entretient des liens étroits avec ses habitants et visiteurs. La maison est un lieu où se cristallisent les mémoires, les rencontres et les ruptures. La maison comme lieu privilégié de création d'histoires. 

Séduite par l'expression esthétique du spectacle, SisterArt est entrée dans cette maison qui glisse, avec franchise, vers la performance. 

Au dessus de la maison, un ciel sculpté

L'espace scénique, Rizzo l'a voulu minimal : au ciel, une immense sculpture aérienne, lumineuse et vibrante (crée par Rizzo lui-même) ; au sol, de la terre qui, au fil du spectacle, recouvre toute la scène. La scénographie se présente dès lors comme un tableau de contrastes chaud-froid. La sculpture est une métaphore de la technologie qui nous entoure, qui dialogue avec la terre, ainsi que les hommes et femmes qui foulent cette dernière du pied. 


En dessous de la maison, la danse

Les danseurs s'enlassent ou se rejettent, s'unissent et s'abandonnent dans un flux libre sur une bande son originale et progressive. Ils passent d'une expression de la solitude et de l'anonymat, aux rencontres amoureuses et amicales, pour terminer sur une danse folklorique surprenante. L'œil du spectateur bondit à travers les contrastes : un danseur évolue seul mais tout à coup, un autre contamine un groupe avec son mouvement, pendant qu'un autre duo progresse en suave synchronisation. 

A partir d'une grisaille, Rizzo parvient à animer la scène comme avec des coups de pinceaux jusqu'à aboutir à une vision fantasmagorique de l'union joyeuse. Une danse, un flux, une transe.