Jouir (ensemble) avec Mette Ingvartsen

20/11/2018

MetteIngvartsen©Sethzman
MetteIngvartsen©Sethzman

SisterArt Showtime au KAAI ! Alors on danse pour notre premier rendez-vous de novembre : SisterArt aime le travail suave, osé et engagé de la chorégraphe Danoise Mette Ingvartsen dans "To come (extended)".

En d'autres termes Jouir, en continu, toujours plus, ensemble : la chorégraphe déploie une série d'images à messages. Avec ses 15 talentueux performers, elle part de la banalisation des sexualités véhiculée par les images médiatiques pour dénoncer la dépersonnalisation des actes sexuels. 

En atteste une scénographie froide : de la scène blanche à l'éclairage aux combinaisons bleues glacier des danseurs sans visages, à laquelle s'ajoute l'absence de bande sonore.

Orgie de silhouettes bleues

MetteIngvartsen©Sethzman
MetteIngvartsen©Sethzman

Silence ! Les "corps" s'emploient à essayer toutes les positions et les combinaisons sexuelles possibles. Un ballet suave s'enclenche dans ces postures mécanisées. On assiste à une orgie asceptisée qui, à force fait surgir vacuité et ironie. On fini par rire. 

Dans ce premier tableau, Mette pose la question du plaisir à l'extrême; de l'obtention de la jouissance obligatoire et donc par tous les moyens et combinaisons possibles dans les limites du corps. En écho, SisterArt se rappelle l'ouverture de "The Orgy of Tolerance" de Jan Fabre, où l'orgasme à tout prix était obtenu avec le concours d'un coach sportif.

Chorale de vocalises orgasmiques

Groupés en chorale, nus en basquettes blanches, les performers entament des vocalises de jouissance collégiale. SisterArt sourit et se souvient de la scène de simulation d'orgasme mythique de Sally - "Quand Harry rencontre Sally" de Rob Reiner. Cependant, Mette Ingvartsen met le doigt sur cette triste réalité à l'oeuvre aujourd'hui : nombreuses sont les simulations engendrées par la surconsommation des clichés sexuels, par le sexe pour le sexe, pour la performance sexuelle en défouloir.

Climax de danse exutoire

Jouir c'est danser, bien entendu. Et danser librement, donc nus, éventuellement en soquettes blanches. La dernière partie du spectacle est jouissive pour les danseurs et pour les spectateurs, à n'en plus finir. 

Les nus ne sont plus nus. On ne voit plus que les sourires des danseurs; on ne ressent plus que de la joie pure dans cette vision de liberté. La force des corps libres en mouvement contamine bientôt le public qui assis sur son siège du Kaaitheatre, s'agite de plus en plus avec bonheur.

SisterArt salue le talent de ces danseurs de cette chorégraphie progressive qui s'incarne jusqu'à ce climax de Rock n' Roll endiablé teinté de Lindy hop.

La salle est en liesse, et si on montait sur scène pour les y rejoindre ?