58ièmeBiennale d'Art de Venise I: VIDEOS

26/08/2019

Marathon artistique pour SisterArt@58Biennale d'Art de Venise. Fait historique : pour la première fois, la biennale présente plus de femmes que d'hommes ! SisterArt salut Ralph Rugoff, curateur de cette 58e édition pour cette justice faite aux femmes. Il était temps ! Intéressant, non ? C'est justement le thème de cette biennale qui va des désastres écologiques aux sublimations d'inventions humaines, en passant par les avancées et reculs sociaux...

Omniprésence de l'art vidéo

Année intéressante pour le collectif SisterArt qui est frappé, et quelque peu lassé, par le très grand nombre de propositions vidéos : documentaires et reportages, fictions narratives/non-narratives, animations de synthèse (ces dernières pas toujours réussies d'ailleurs). Ce média artistique abonde, ce n'est pas nouveau, mais il pêche par ses approches hétéroclites. Cependant, son omniprésence interroge les frontières entre toutes ses formes. Dans ce contexte, SisterArt vous livre ici ses trois coups de cœur vidéos et deux mentions.

Assembly : pluri-projection circulaire au Pavillon Australien - Giardini

L'artiste australienne Angelica Mesiti présente trois projections simultanées sur grands écrans disposés autour d'un hémicycle recouvert d'un tapis rouge. Eventuellement, nous sommes invités à nous asseoir sur les gradins comme le feraient des citoyens, pour prendre part aux débats. Immersion dans cette arène où règne un silence solennel. Les plans fixes sur des assemblées vides, la lenteur des projections à travers des couloirs feutrés sans âme qui vive, font naître le sentiment d'abandon des espaces politiques. Avec simplicité mais force, Angelica Mesiti nous interroge : où sont les décideurs ? Qui prend part aux débats politiques ? Quel avenir pour la démocratie ? L'artiste nous renvoie par ricochet à nos responsabilités de citoyens et ouvre le champ pour un renouveau. Apparaissent un musicien et un scribe qui rend hommage à la poésie, puis une performance… pour mettre en exergue notre potentiel créateur, ensemble.

Data-Verse I : Minimalisme éléctronique au Pavillon central -Arsenale

Chapeau bas à l'artiste japonais Ryoji Ikeda qui manie l'art et la musique numérique avec une précision et une esthétique reconnaissable depuis de nombreuses années. Data-verse I est une œuvre impressionnante projetée sur écran géant. Hautement vibratoire et rythmée aussi bien par les sons que par les effets visuels, Data-verse I montre que Ikeda reste fidèle à sa ligne électroacoustique minimaliste.

SisterArt note l'agilité des enchaînements sonores et visuels, les graphismes en alternance, les sons cristallins, cartographies des mondes : de l'infiniment petit - notre ADN, nos cellules - à l'infiniment grand -  le soleil, les galaxies… Un travail immense et unique, immersif et hypnotisant.

Heirloom : Désastre écologique au Pavillon Danois - Giardini

La danoise Larissa Sansour et sa vidéo narrative Heirloom a séduit SisterArt pour ses nombreux ingrédients artistiques. Sa photographie de qualité cinématographique nous a carrément scotchées. Ensuite, un travail infographique maîtrisé et doublé d'un scénario original qui pose les jalons du lendemain d'un désastre écologique, le tout dans un univers sci-fi. Une présentation à double écran qui fixe ou délie le regard pour un effet poétique assuré. Un dialogue entre une mère et sa fille à travers lequel l'artiste pose la question de l'identité, de l'héritage et de la mémoire. Une boule noire symbolique écrasante s'invite tout au long de l'œuvre. Résolument plastique, on la retrouve dans la salle qui fait face à l'espace de projection. Larissa Sansour propose un travail pluridisciplinaire cohérent.

Mentions sur l'ennui prostitué et la guerre superposée

Window de Eva Stefani est un plan fixe sur l'ennui et l'attente : à voir au Pavillon grec (Giardini). Ensuite, l'immanquable Christian Marclay pour ses 48 images de guerres superposées : percutant, esthétique et cacophonique… Une œuvre immédiate aux effets efficaces : 48 War movies, 2019 (Arsenale). N.B. : Christian Marclay a reçu le Lion d'or du meilleur artiste lors de la 54e Biennale de Venise avec le mémorable The Clock.