Poésies colorées de Germaine Rimbout aux Musées Royaux des Beaux-Arts

17/06/2026

SisterArt@ Fine Arts Museum. 50 ans après son décès, une peintre bruxelloise, connue de son vivant, oubliée à sa mort, est mise à l'honneur dans la salle Léon Spilliaert. Redécouverte de Germaine Rimbout. Tout en délicatesse, ses poésies et ses œuvres sur papier invitent à la rêverie dans un écrin intimiste et feutré.

Crédits Photos © 8234_Germaine Rimbout_Rythmes de danse, s.d., all rights reserved, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

Plus de cinquante ans après sa disparition en 1973, la peintre bruxelloise Germaine Rimbout sort de l'ombre à la faveur d'une exposition intimiste dans la petite salle Léon Spilliaert prévue pour rendre hommage aux collections d'œuvres sur papier du musée. 

A sa mort, Germaine Rimbout a légué plus de 680 pièces aux Musées Royaux et à la Bibliothèque Royale de Belgique (KBR), ce qui nous vaut cette remise à l'honneur.

Art moderne, Art sur papier et avant-garde

En 1976, la Bibliothèque Royale de Belgique lui consacre une exposition accompagnée d'un catalogue. Ce dernier a été précieux pour retracer et retrouver certaines œuvres. Grâce au projet de recherche dédié à l'art sur papier d'avant-garde 1918-1950, les archives de l'art contemporain en Belgique se trouvaient dotées de documents, croquis, matériel de travail, qui ont pu apporter des éclairages sur la démarche et la pratique de Germain Rimbout. Mais aussi sur la place importante de l'artiste Cécile Douart (1866-1941) dans sa vie. Leur amitié, leurs voyages, leur cohabitation, a changé le regard de Germaine Rimbout sur le métier d'artiste. Au décès de Cécile et à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Germaine transforme sa démarche et évolue vers une abstraction libre, résolument avant-garde pour l'époque.

Tendance que l'on retrouve dans l'école progressiste du BAUHAUS (1919-1933), notamment avec les œuvres de Paul Klee qui, par l'univers du spectacle, lui fait écho. Germaine Rimbout dessine et peint les clowns et les danseurs pour évoquer ce qui est fugace. Elle cherche a représenter  avec délicatesse, les mouvements et les rythmes qu'elle observe. Elle restitue nos multiples ombres portées sur son papier et elle parvient à capturer l'éphémère d'une chorégraphie.

À notre insu, nous sommes tous clowns…
Extrait d'un poème de Germaine Rimbout

Ses vértiables inspirations se trouvent à la fois dans les théories postimpressionnistes qui l'incitent à utiliser les couleurs complémentaires pour créer des contrastes vibrants, et dans le regard qu'elle porte sur Modigliani et Picasso. Son expression poétique se dessine à la plume, à l'aquarelle ou au pastel. A travers cette sélection d'œuvres sur papier, on peut clairement sentir son héritage belge du fauvisme. Car par des jeux savants de superpositions et de transparences, en faisant dialoguer ces contrastes, elle crée des effets lumineux d'une modernité saisissante, prouvant que le papier, loin d'être un art mineur, offre une liberté d'expérimentation infinie.

Rappelons que si les historiens de l'art fixent la naissance de l'art contemporain en 1945, l'art abstrait, lui, éclot dès le début du XXe siècle. Et, entourée d'art abstrait, Rimbout va explorer cette liberté nouvelle pour ne plus la quitter.

La clarté peut être une étoile
Extrait d'un poème de Germaine Rimbout

Son premier amour était la poésie, par laquelle elle pouvait exprimer autrement la délicatesse de ses tracés, l'audace de ses couleurs, et la profondeur de ses réflexions existentielles. Si dans ses poésies on retrouve la lumière, la clarté et l'ombre, on y perçoit aussi les vulnérabilités et la fragilité du vivant.

Les femmes dans l'art au début du XXe siècle

Au début du XXe siècle, la liberté d'expression ne s'applique pas vraiment aux femmes. Les parents de Germaine Rimbout ne soutiennent pas ses aspirations artistiques. Sa mère brûle la publication d'un poème et lui interdit de recommencer.

Cependant, l'amitié de Cécile Douart lui ouvre les portes de cette liberté. Au sein d'un duo inséparable, Cécile initie Germaine à la peinture, à la sculpture et à la gravure. Elle l'invite à assister à des cours théoriques, l'emmène en voyage pour voir les autres couleurs du monde et partage avec elle l'amour de la littérature. Portée par cette amitié, Germaine Rimbout devient elle-même professeure de dessin. Elle offre son regard de femme sur les nus qui invite à une approche plus sensible et moins sexualisée.

À la mort de son amie, puis de ses parents, elle décide de mettre fin à sa carrière d'enseignante pour se consacrer entièrement à son art. Ce qui lui a valu une exposition décisive à la Galerie de la Toison d'Or, à Bruxelles, en 1944.

Informations pratiques : 

Germaine Rimbout, Exposition Fineartmuseum (Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique) Salle Spilliaert, jusqu'au 18 Octobre 2026.

Crédits Photos © 8234 : Germaine Rimbout [1894 – 1973], Rythmes de danse, s.d., all rights reserved, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles

© 8226: Germaine Rimbout [1894 – 1973], Composition n° 4 [Amsterdam], s.d., all rights reserved, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles

© Nu agenouillé: Germaine Rimbout all rights reserved, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles

© Nu accroupi: Germaine Rimbout all rights reserved, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles

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