Celui qui tombe est époustouflant !

SisterArt@Theatre Jean Vilar pour voir "Celui qui tombe" de la compagnie Yoann Bourgeois. Spectacle chorégraphique acrobatique unique en son genre. Haute voltige et poésie, la force du collectif et du plateau vivant.
Haute voltige sur un plateau vivant
Le levé de rideau laisse sans équivoque. Sur scène, un plateau de bois massif monumental s'impose, six individus l'occupent. Dans l'ombre, un régisseur commande discrètement les possibilités de mouvements du plateau. Dans cette exploration de plateau, les protagonistes prennent l'allure, ici, de marionnettes et là, de personnages animés de conscience et d'émotions. Quand il craque et se déforme, quand il tourne et tangue de façon vertigineuse, le plateau induit la possibilité permanente d'une chute. Pas d'effets spéciaux ni de filet, les acrobates doivent composer avec la force centrifuge et la gravité pour ne pas basculer dans le vide. Dans tous les cas, le public retient son souffle.

Instants suspendus et figures sublimes
Le plateau représente l'allégorie de l'incertitude et des équilibres instables. Face à ce sol qui se dérobe, l'individualisme n'est plus une option. Les six acrobates-danseurs doivent s'unir, s'enlacer et s'entraider pour survivre à la course folle du plateau. Leur solidarité devient la clé de l'équilibre.
A l'image de notre vie sur terre, le spectacle semble se construire sous nos yeux. Tout comme l'indique la bande-son éclectique allant de Beethoven et Schubert à Frank Sinatra, parfois subitement interrompue et qui laisse place au silence. Un silence qui souligne les craquements du plateau et renforce la tension dramatique, ou bien un silence duquel émerge un chant lyrique délicat.
Au-delà de la prouesse technique, Yoann Bourgeois illustre la résilience et la vulnérabilité des êtres humains. Sa quête du « point de suspension » n'est autre qu'un instant où toutes les forces s'annulent, un moment de grâce.

Yoann Bourgeois, signature chorégraphique
Yoann Bourgeois, chorégraphe et artiste protéiforme, cherche à décloisonner les approches artistiques pour développer une nouvelle forme théâtrale. Les dispositifs physiques propres au monde du cirque sont reliés au jeu des protagonistes traversés par ce qui vient, et la haute voltige se relie au monde de la danse contemporaine. En effet, pour lui, l'Homme de cirque n'est pas au centre de l'univers, ni de la scène. Ce qui est au centre, c'est la force du collectif, la troupe, la compagnie…
De ces mondes surgissent des figures sublimes et poétiques, toujours spectaculaires.
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Remerciements au Théâtre Jean Vilar pour son soutien.
Crédits Photos © Géraldine Aresteanu
